Énergies renouvelables : une électricité décarbonée d’ici 2030 ?

Publié le 31/05/2024 à 17:19, mis à jour le 03/06/2024 à 16:16
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À l’approche des élections européennes, les énergies renouvelables sont au cœur de tous les débats ! Selon les experts, elles sont notre meilleur atout pour augmenter nos capacités de production d’électricité décarbonée et atteindre l’objectif ambitieux de neutralité carbone d’ici 2030. Face à l’urgence climatique, quelles avancées avons-nous déjà réalisées ? Quelles stratégies la France doit-elle adopter pour réussir cette transition énergétique ? Plongez dans le vif du sujet avec KparK Énergies. Découvrez les enjeux, les objectifs et les solutions !

Contexte, chiffres clés et objectif de neutralité carbone 2030

Pour mieux cerner les défis à relever, il est essentiel d’analyser les faits. Quel est le bilan énergétique de la France en matière de production d’électricité décarbonée ? Quelles difficultés les Français rencontrent-ils dans ce passage aux énergies renouvelables ? Pourra-t-on remplacer plus d’un tiers de nos énergies fossiles d’ici 2030, et atteindre les objectifs de décarbonation en 2050 ? L’heure du bilan a sonné !

Le contexte énergétique en Europe : l’urgence climatique


Comme le souligne le 6e rapport de synthèse du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), le monde fait face à une urgence climatique sans précédent. Les émissions de gaz à effet de serre continuent de croître ! La température mondiale a déjà augmenté de 1,1 °C par rapport à l’ère préindustrielle, et il est prévu qu’elle atteigne 1,5 °C à l’horizon 2030. Ce dérèglement du climat entraîne des vagues de chaleur plus fréquentes et intenses, des précipitations extrêmes et une fonte accélérée des glaces.

Pour limiter le réchauffement planétaire à 1,5 °C, le GIEC précise que nous disposons d’un « budget » de 400 gigatonnes de rejets de CO2. Celui-ci passe à 1 000 gigatonnes pour un objectif de hausse maximale des températures de 2 °C. Or, ce chiffre correspond aux quantités de CO2 émises au cours des 30 dernières années. Selon les experts, au rythme actuel, ce budget sera épuisé dans 5 ans pour une augmentation de 1,5 °C et dans 20 ans pour 2 °C.

C’est donc en misant sur les énergies vertes et en réduisant notre consommation de combustibles fossiles (charbon, gaz, fioul) que nous pourrons relever le défi climatique ! Solaire photovoltaïque, éolien, géothermie, biogaz, biocarburants, hydrogène… les solutions existent !
 

Les chiffres clés de l’énergie fossile et renouvelable en 2024


Ces quelques chiffres clés donnent un aperçu concret de la situation des énergies renouvelables (EnR) et fossiles en France et en Europe, ainsi que leurs usages respectifs.

Place de la France au niveau européen


La France est le 2e plus grand producteur d’énergies renouvelables en Europe (chiffres de 2021), derrière l’Allemagne :

  • 1re place pour les pompes à chaleur ;
     
  • 2e place pour l’hydroélectricité, la biomasse solide (bois-bûches, plaquettes forestières, granulés, résidus agricoles, etc.), les déchets renouvelables et la géothermie.

En 2021, la France se classait 14e parmi les 27 pays de l’Union européenne pour sa part de consommation finale brute d’énergie produite à partir de sources renouvelables (selon la directive européenne UE 2018/2011, dite « RED II »). (1)

Part des énergies renouvelables dans la consommation finale brute d’énergie en 2021 dans l’Union européenne :
 

Chiffres clés sur les énergies renouvelables

Source : Chiffres clés des énergies renouvelables du ministère de la Transition énergétique-édition 2023

 

Part des énergies renouvelables de la France dans la consommation totale


En 2022, la part des énergies renouvelables dans la consommation finale brute d’énergie en France était de 20,7 %, soit une augmentation de 11 points depuis 2005. Cependant, elle n’a pas atteint l’objectif de 23 % fixé pour 2020 et devra intensifier ses efforts pour atteindre les 33 % d’énergies renouvelables d’ici 2030, conformément à la loi énergie-climat.

Selon les données provisoires, cette part devrait atteindre 22,2 % en 2023, soit une progression de 1,7 point, grâce à l’accroissement des capacités de production d’électricité renouvelable dans les filières éolienne et photovoltaïque, et des pompes à chaleur. (1)

Part des énergies renouvelables de la France dans la consommation finale brute d’énergie totale et par usage :
 

Source : Chiffres clés des énergies renouvelables du ministère de la Transition énergétique-édition 2023

Source : Chiffres clés des énergies renouvelables du ministère de la Transition énergétique-édition 2023

Graphique énergies renouvelables

Répartition des énergies renouvelables consommées en France par type d’énergie


Le bois-énergie reste la première source d’énergie renouvelable consommée en France, principalement pour le chauffage. En ce qui concerne l’électricité décarbonée, l’avenir réserve de belles perspectives pour l’éolien et le solaire photovoltaïque.

Schéma énergies renouvelables

Production d’énergies renouvelables et objectifs de la France


Le tableau ci-après vous donne une vue d’ensemble des quantités d’énergies renouvelables produites en France et de leurs objectifs pour 2028.

Types d’énergies et usages Réalisée en 2022 Objectifs 2028 du PPE Objectifs en %
Chauffage et refroidissement renouvelables
Biomasse 109 TWh 157 à 169 TWh + 44 à 55 %
Pompes à chaleur, y compris PAC géothermiques 43 TWh 44 à 52 TWh + 2 à 21 %
Géothermie profonde 2 TWh 4 à 5,2 TWh + 100 à 160 %
Solaire thermique 1,27 TWh 1,85 à 2,5 TWh + 46 à 97 %
Réseaux de chaleur Donnée non disponible 31 à 36 TWh  
Électricité renouvelable
Hydroélectricité Donnée non disponible 26,4 à 26,7 GW  
Éolien terrestre 20,3 GW 33,2 à 34,7 GW + 64 à 71 %
Photovoltaïque 15,9 GW 35,1 à 44 GW + 120 à 177 %
Méthanisation 279 GW 340 à 410 GW + 22 à 47 %
Eolien en mer 0,48 GW 5,2 à 6,2 GW + 983 à 1 192 %

Bon à savoir

Les productions d’énergies photovoltaïques et éoliennes en Europe et en France ont augmenté de plus de 50 % en 2023 représentant plus de 12 % de la production d’électricité mondiale. 

Les objectifs de la France : une neutralité carbone d’ici 2050


Le gouvernement français a mis en œuvre tout un ensemble de mesures et de lois pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre.
 

  1. Loi de transition énergétique pour la croissance verte (LTECV). Adoptée en 2015, cette loi vise à réduire les émissions de gaz à effet de serre de 40 % d’ici 2030 et de 75 % d’ici 2050, à augmenter les énergies renouvelables à 32 % de la consommation finale d’énergie et à réduire la consommation énergétique de 50 % d’ici 2050. Elle encourage également les transports propres et la rénovation énergétique des bâtiments.
     
  2. Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE). Instituée par la LTECV, la PPE définit les priorités énergétiques pour 2 périodes de 5 ans, dans le but de promouvoir le développement des énergies renouvelables, réduire les énergies fossiles et améliorer l’efficacité énergétique.
     
  3. Stratégie nationale bas-carbone (SNBC). Elle trace les trajectoires de réduction des émissions de CO2 pour atteindre la neutralité carbone d’ici 2050. La SNBC a pour objectif de diviser par 4 les émissions de gaz à effet de serre de la France à l’horizon 2050 par rapport à 1990. Elle complète la LTECV et la PPE en fournissant une feuille de route pour la décarbonation de l’économie française, avec des objectifs sectoriels précis (industrie, transport, agriculture, etc.).
     
  4. Fiscalité environnementale. Elle inclut les impôts, taxes et redevances sur les polluants et les ressources naturelles. En France, elle comprend la taxe générale sur les activités polluantes (TGAP) et les accises sur les énergies. Elle encourage les comportements écologiques en rendant plus coûteuses les activités nuisibles à l’environnement.
     
  5. La rénovation énergétique des bâtiments. Elle contribue à renforcer l’efficacité énergétique des logements en France en octroyant des subventions et des aides financières très intéressantes (MaPrimeRénov’, aides CEE, éco-PTZ, etc.).

Bon à savoir

En 2022, 666 000 logements ont bénéficié des aides MaPrimeRénov’ et Loc’Avantages pour leurs travaux de rénovation énergétique, avec des économies d’énergie estimées à 4,6 TWh/an.

Les EnR, seules capables d’augmenter la production décarbonée ?
 

Selon les experts, les énergies renouvelables sont les seules capables d’augmenter la production d’électricité décarbonée d’ici 2030. Cela, pour plusieurs raisons :
 

  • Rapidité de déploiement des installations renouvelables. Une centrale solaire peut être opérationnelle en 2 à 3 ans et un projet éolien peut être monté en 3 à 5 ans. À l’inverse, les nouvelles centrales nucléaires ne pourront pas être mises en service avant 2035 ;
     
  • Stabilité des prix et réduction de la dépendance aux énergies fossiles. L’électricité renouvelable est moins affectée par les fluctuations du marché de l’énergie et les tensions géopolitiques ;
     
  • Coût moindre des énergies renouvelables. Selon le GIEC, les EnR, en particulier le solaire et l’éolien, présentent un grand potentiel à coût nul. Ce sont des solutions moins coûteuses pour le budget public et la balance commerciale de la France. En outre, le coût des panneaux solaires a atteint un niveau historiquement bas ;
     
  • Valorisation des ressources locales. À l’échelle du particulier, la France pourrait prochainement se distinguer par la production de ses pompes à chaleur « Made in Europe » ;
     
  • Activité créatrice d’emplois non délocalisables. Les EnR représenteront 236 000 emplois directs et indirects en 2028 ; (1)
     
  • Retombées fiscales pour les États et les collectivités. Elles seraient de l’ordre de 1,6 milliard d’euros. Depuis 2022, les énergies renouvelables ne coûtent plus rien à l'État et génèrent des recettes. (1) En outre, à la différence des réacteurs nucléaires qui sont largement soutenus par des fonds publics, les énergies renouvelables sont financées par des petits investisseurs privés ;
     
  • Énergie propre, renouvelable et abondante. Les EnR n’engendrent pas de pollution ni de résidus. Elle offre de plus une solution flexible en se combinant aisément avec d’autres sources d’énergie, comme l’éolien et l’hydroélectricité. Elle peut être stockée dans des batteries, bien que des progrès restent encore à faire dans ce domaine.